Par H. VAHRAMIAN
Les dialectes arméniens ont suscité depuis le début du XIXe siècle un intérêt croissant, faisant l’objet d’analyses et de publications diverses tant par des Arméniens que par des spécialistes étrangers . Malheureusement, les évènements historiques qui secouèrent le peuple arménien au début du XXe siècle ne permettent plus – ou très difficilement – de poursuivre les recherches scientifiques. Les dialectes ont gardé jusqu’à nos jours le nom des régions où les Arméniens vécurent jusqu’au début du XXe siècle. Ils s’étendaient dans tout l’Empire ottoman, l’Empire russe et la Perse. Depuis la soviétisation de l’Arménie, l’essentiel des études porte sur les dialectes accessibles en Arménie, en Géorgie et en Azerbaïdjan principalement. Cet article essaie de donner un bref aperçu des recherches effectuées au début du siècle en Arménie turque et persane et des travaux poursuivis en Arménie soviétique.
Les « dialectologues » s’accordent pour affirmer que des parlers régionaux cohabitaient avec la langue littéraire ou langue des livres, le krapar, qu’on désigne aussi de nos jours sous le nom de langue classique. L’évolution de ces dialectes a subi l’influence des différentes langues des pays limitrophes, le grec, le turc, le kurde, l’arabe, le persan, le géorgien et le russe, ainsi que des langues d’Europe occidentale. Quatre types de différences séparent les dialectes arméniens de l’arménien classique : différences phonétiques, lexicographiques, morphologiques et syntaxiques.
a) Les différences phonétiques que les dialectes ont introduites sont :
– un ajout de quelques nouveaux phonèmes tels que ä, ö, ü dans la série des voyelles,
– le remplacement des diphtongues par des voyelles telles que que ay(այ) – a,e(ա,ե),
– la transformation partielle ou complète des séries d’explosives (sonores, sourdes et sourdes aspirées) créant parfois une autre série, « la sonore aspirée » : bh, dh, gh, dzh, djh (բ,դ,զ,ձ,ջ),
Source : ARMENIA–CRDA – N°80 Janvier 1984
