Par Gérard BEDROSSIAN
La France, pour les Arméniens, ce sera tout d’abord un idéal, un rêve, une vision romantique. Ils y croiront et penseront qu’on peut se sacrifier pour elle. Des mamelouks arméniens de Napoléon Ier aux volontaires qui moururent à Verdun, des apatrides engagés de 1939 au résistant Missak Manouchian, tous pensèrent ainsi. La France des Arméniens c’est celle des livres, des libertés, de la fraternité, de l’égalité, de la justice… celle de Victor Hugo, Charles Péguy, Anatole France, Jean Jaurès, Georges Clémenceau… Et c’est peut-être en raison de cela – après la tragédie de la Grande Guerre et des années qui suivirent – que les Arméniens choisirent la France pour refuge, la préférant à tout autre pays et y constituant ainsi la plus importante communauté d’Europe. Pourtant, cela ne peut tout expliquer car les liens unissant les Arméniens à la France remontent à des temps très reculés. C’est à Paris, ou plutôt à Lutèce, qu’il convient de rechercher les traces d’une première présence arménienne.
Le futur empereur Julien, dit l’Apostat, étudie à Athènes quand il rencontre Parouyr, un jeune et brillant Arménien appelé à devenir l’un des plus grands orateurs de son temps.
Source : Arménie – Il y a mille ans, Ani – Paris tête d’affiche – Mairie de Paris – novembre 1992
