Soleil noir, par Armen Lubin

Par Armen LUBIN

(Traduction Arpik MISSAKIAN, paru dans Haratch, 7 mai 1978)

On les convia au poste le plus proche, pour une simple formalité administrative, avec une sorte de politesse qui sentait les menottes. Et soudain la nuit d’Avril changea de visage.

Le printemps fleurissait. Dans l’air circulaient de langoureux courants parfumés et avec de petits claquements les ruisseaux papotaient autour de la mosquée, tandis que le volubilis et ses bourgeons grimpaient le long de la poutre de l’échafaud, plus haut, toujours plus haut, jusqu’au visage de celui qui regarde sans voir : Soleil noir.

(…)

Source : Ani – Cahiers Arméniens n°1 – 1er semestre 1986