1984 : Projet «Reconquête de l’identité par la pratique de la langue arménienne», avec Martine Hovanessian et l’équipe de recherche en ethnologie du CRDA.
Dans le cadre d’un partenariat avec le Ministère de la culture, les résultats des recherches ont été fournis à la Mission du Patrimoine ethnologique du Ministère de la Culture et communiqués aux universités, associations et lors des colloques
Renseignements scientifiques : La reconquête de l’identité par la pratique de la langue arménienne (1984)
La finalité des recherches entreprises est d’élaborer, d’une part une représentation générale de la communauté arménienne de France, et d’autre part les rapports interethniques. Pour ce faire des études seront menées sur la pratique de la langue qui, tout en ayant un caractère universel, est un bon décripteur de la sociologie communautaire.
S’il existe une manière personnelle de se situer par rapport au fait linguistique, il existe en fait plusieurs façons de pratiquer l’arménien suivant les trois univers distincts :
L’oralité, la lecture et l’écriture. Pour chacun de ces trois univers nous allons définir un état d’ordre qualitatif pour tenter une quantification en nous intéressant à la fréquence d’usage de chaque catégorie ainsi définie.
L’échantillonnage se fera à partir des écoles maternelles, cours hebdomadaires, collèges mixtes, enseignement supérieur et Radio Ask (radio arménienne de la région parisienne), en complément, pour l’oralité.
La problématique pose la question de savoir si le fait de mettre son enfant à l’école ou d’y aller soi-même est vu comme un acte militant personnel ou non.
La première phase sera descriptive. Cette conception objectiviste partira du principe que le groupe ethnique est une unité culturelle caractérisée par un certain nombre de caractères (biologique, territorial, linguistique, économique, social, religieux). Cette étape de l’enquête consistera à inventorier les sujets en situation d’apprentissage et à dresser progressivement une typologie d’échantillonnage basée sur le fait d’être ou non issu de parents nés en France et en prenant en compte la mixité de certaines familles.
La seconde phase privilégiera l’aspect dynamique de l’ethnicité. Elle s’attachera non pas à prendre le groupe ethnique comme unité d’analyse, mais les situations dans lesquelles les groupes se trouveront en interaction. La méthode utilisée, celle des entretiens exploratoires, devrait permettre de dégager les différentes significations de la problématique. L’analyse des questionnaires sera effectuée au moyen des techniques booléennes.
La troisième phase abordera l’analyse en terme d’action, c’est-à-dire en postulant que les acteurs sociaux transforment les rapports avec l’environnement. Par exemple, est-ce-que la reconquête de la langue correspond à une prise de conscience qui se fait par rapport à une action volontariste et organisée ?
