Par Alexandre KEBABDJIAN
Le silence, la turcophilie sournoise, la distorsion, la minimalisation et l’atermoiement sont différentes méthodes utilisées par les acolytes de la débâcle, leurs mentors et leurs protecteurs, visant toutes au même résultat: que les descendants de réfugiés et de survivants du génocide des Arméniens, dont les familles ont été massacrées et spoliées par le gouvernement ittihadiste jeune-turc, renoncent au droit et aux réparations.
Quelle anomie dans le droit, et quelle régression! Imaginons dans chaque peuple, une faction de renonciateurs qui déciderait pour tout le monde, que la justice doit arrêter son cours, le droit international être ignoré, les réparations être empêchées.
Que des Arméniens participent activement à la renonciation au droit et aux réparations, ou tentent de persuader les Arméniens dans ce sens, dans un cadre public (représentants auto-proclamés), médiatique (ex: civilnet.am et la fondation civilitas), ou infra-communautaire (l’UGAB, le Parti Tashnagtsoutioun et ses faux nez), les rend en outre complices d’une forme de manipulation psychologique et de pression morale sur les descendants des réfugiés arméniens.
Voici une liste – non exhaustive – des arguments-prétextes qui ont été invoqués par les acolytes de la débâcle et leurs mentors et protecteurs, pour justifier une renonciation aux réparations financières, culturelles et territoriales à l’endroit des Arméniens: il ne fallait pas gêner le commerce entre les nations, ne pas entraver le libre-échange, ne pas dynamiter ou décourager la pseudo-démocratisation de la Turquie, ne pas saboter les simulacres de coordination communautaire arménienne, ne pas fragiliser ni perturber la troisième République d’Arménie, dont les quatre chefs d’État successifs, en lien avec la sphère Tashnagtsoutioun (le Parti et ses faux nez) et son système Tashnag de ralentissement de la cause arménienne, ont perpétuellement saboté la question des réparations arméniennes.
En vérité, chaque Arménien de la diaspora, chaque citoyen des États-Unis, du Canada, de France, de Russie, d’Arménie, est libre d’exercer ses droits, en tant que descendant de réfugiés arméniens, s’il souhaite que la spoliation et le meurtre de ses ancêtres soit réparée. Chaque individu, quel qu’il soit, est libre de décider pour lui-même, contrairement à ce que prétendent les acolytes de la débâcle, dans leurs officines de propagande (ex: civilnet.am).
Or les acolytes de la débâcle et leurs mentors et protecteurs, et généralement tous ceux qui dynamitent le processus de réparations arméniennes, violent indirectement l’héritage patrimonial des Arméniens, le fruit du travail et du sacrifice de plusieurs dizaines de générations d’Arméniens.
Cet héritage arménien colossal, spolié durant le génocide de 1915-1923, sert de manne financière à la Turquie moderne, pour son armement, sa diplomatie, son idéologie, son éducation, ses infrastructures, depuis un siècle.
Les acolytes de la débâcle (la République d’Arménie), en laissant la Turquie exploiter financièrement le génocide des Arméniens, tolèrent l’impérialisme et le néo-ittihadisme de l’État turc, quels que soient son régime et sa forme de gouvernement.
La renonciation au droit devrait donc être remplacée par une activation des droits de la diaspora arménienne. Cette activation des droits de la diaspora arménienne ne dépend que d’une chose, le libre arbitre des individus et leur capacité à prendre leur destin en main.
